Qu'est ce qu'on a fait au Bon Dieu?

Publié le par Miriam Fogoum

image internet il ne s'agit pas du dit commissariat
image internet il ne s'agit pas du dit commissariat

Ville de Douala, Commissariat de la gare de Bessengue. Il est neuf heures du matin. Et nous sommes certains d'être à la tête du peloton pour établir notre carte nationale d'identité. Mais le désenchantement est immédiat et l'attente plus longue que prévue. Les premiers arrivés sont dans le hall d'attente depuis six heures du matin, tel des passagers guettant la venue prochaine du train. Le silence est ahurissant, chacun s'affronte du regard. Deux hommes en tenues sont à l’entrée des portes du poste pour des renseignements relativement difficile à obtenir: " S'il vous plait monsieur l'agent..." Nous les avons à peine interpeller que nous reçevons une réponse cinglante: " Allez vous asseoir!!" Avance t-il autoritaire " Vous ne voyez pas les gens assis là?" Conclue t-il sans lever le visage de ses...fiches? La douche est froide! Le petit enfant que nous avons l'impression d'être à cet instant précis s’assoit, penaud, sans vocable, en attendant l'appel qui ne viendra que 45 minutes plus tard. Au prix d'une presque bousculade, nous parvenons a inscrire nos noms sur une liste; et malgre tout, nous ne sommes pas sûr d'être reçus dans la " precieuse" salle où tout se fait.
" Faites un rang des filles et un rang des garcons" ordonne l'officier à la porte du "paradis". Quelques uns arrivent à murmurer entre eux " C'est terrible!" ; un chuchotement tout de suite étouffé par le regard menaçant lancé par le policier envers le concerné. Certains sont appelés, mais d'autres sont recalés pour le lendemain; une autre longue attente dans le hall de la gare . Les retenus ont envie de faire la "hola" mais pour eux,le calvaire est pourtant loin d'être terminé.

Le mythe de la CNI
Silence et position debout. Formation militaire oblige pour ceux qui ont atteint la caverne d'Ali baba aux couleurs rouge et blanc. Ajoutez une pincée de "garde-à-vous!", vous avez illico la posture des potentiels détenteurs de la carte d'identité nationale.bon gré mal gré.

Le ressenti est général: " qu'est ce qu'on a fait au bon Dieu"! S'exclament-ils. Les policiers en charge d'établir le sésame tant attendu discutent entre eux depuis plus dune heure et aucun d'éux n'assurent le travail. On aurait dit que c'est une loi préétablie: " j'étais la hier, c'était idem" nous avoue Marie une jeune dame avec qui nous sympathisons "aujourd'hui c'est la même chose." Continue-t-elle. "Heureusement que j'ai pris ma journée; je parie que c'est partie pour 15heures. et pourtant ils ont pris toute nos pièces bien avant qu'on vienne dans leurs bureaux. Ils savent qu'ils ont du travail" conclue cette dernière frustrée.
13 heures! un Goliath de service s'amène. C'est une dame aux allures de mastodonte. le visage épais, les cheveux coupés courts, le nez plat, et le bras bien ferme. bref une de ces femmes déjà prête à livrer bataille. son visage fermé exige le calme: "alignez vous par numéros!" Crie la...dame. "Il faut être à l'écoute; votre numéro passé, vous êtes renvoyés sans autre forme de procédures." Termine-t-elle dans un grognement. " Quel pays"! Glisse prudemment un jeune homme, pour ne pas se faire entendre par nos " bourreaux", il murmure " je fais partie de ceux qui sont la depuis 6 heures du matin et je ne suis toujours pas reçu" Il continue: "ils prennent un malin plaisir à nous voir dans leurs locaux, et à nous torturer" maugrée-t-il dans sa barbe. .
14 heures: " même pas quatre personnes sont passées" dévoile un individu a la volée. Devant les "tortionnaires", il faut débourser une somme de 2800 f cfa. Mais attention! assurez-vous d'avoir de la monnaie soit un billet de 1000 fcfa et la somme de 1800 f cfa, sinon le châtiment est sans appel: " Allez faire la monnaie" aboie notre Gargantua de service " sinon vous partez! Au suivant!!!!!" Sa voix a un tel échos naturel que les murs en tremblent.
L'engouement de la carte d'identité est tombée. Le tamis trop épais; et c'est devenu le parcours du combattant pour ceux qui veulent l'obtenir. Les refrains sont connus; soit: pas assez de cartons, ou encore il faut se réveiller aux aurores pour être sur la liste des élus. Le long couloir parsemé de placards rouges blanc du commissariat de la gare de Bessengue auparavant île au trésor pour certains, se métamorphose en île au martyrs. la course actuelle à la carte nationale d'identité mène au chemin de l'attente, de l'ennui, de la fatigue, de l'irritation..les officiers en majorité des femmes traitent les usagers telles des marionnettes. Meme si c'est un abus de pouvoir nous préférons balayer cette pensée d'un revers de la main et penser qu'il y aurait des raisons plus solides. Seulement...il est 15h, et nous y sommes encore; Marie qui avait parié pour 15 heures est loin d'avoir gagné son pari.

Miriam Fogoum

Publié dans Société

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faa 03/10/2015 07:17

Garde-à-vous! Hhhhhhhhh troo drole

nando 03/10/2015 07:16

Lol

nadia 03/10/2015 07:15

Quelle galere!! Pour une CNI?

jaky 03/10/2015 07:14

Hum ce pays ne cessera de metonner